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Le jardin aujourd'hui

Aujourd’hui, le jardin du musée, recréé dans l'esprit du 19ème siècle, invite le visiteur à la rêverie sur les pas du poète.

Après la mort du poète

Le jardin de derrière en 2015 © Yvan Bourhis

Après la mort de Stéphane Mallarmé en 1898, ses héritiers n’ont eu de cesse d'entretenir la maison et son jardin, jusqu’à leur achat en 1985 par le Conseil départemental de Seine-et-Marne.

Il a alors fallu remettre le jardin en état. Le projet a été confié à la paysagiste Florence Dollfus, qui a travaillé à la restitution d’un jardin proche de celui qu’avait connu Mallarmé.

Des photographies anciennes (même si elles ne sont pas antérieures aux années 1920), l’abondante correspondance du poète et de sa famille, les traces des anciennes allées, la configuration du terrain et les végétaux subsistants l’ont aidée à créer une évocation fidèle du jardin des années 1890.

Florence Dollfus s’est également inspirée des traités et catalogues de jardinage ainsi que de la peinture de la seconde moitié du 19ème siècle. Le jardin était en effet l’un des motifs de prédilection des peintres impressionnistes, dont Mallarmé était l’ami et le défenseur. D’ailleurs, en septembre 1876, dans un article en anglais intitulé « The impressionists and Édouard Manet », le poète faisait du jardin la clé de voûte de leur œuvre : « ces artistes (…) trouvent leurs sujets près de chez eux, à quelques pas seulement, ou bien dans leurs propres jardins », comme Claude Monet à Giverny. Grâce à eux, le jardin mi-bourgeois mi-paysan du 19ème siècle, destiné à la récréation des yeux et faisant partie intégrante de la conception de la vie moderne, nous est devenu étonnamment familier !

Le jardin recréé

Photographie de narcisses des poètes dans le jardin du musée

Narcisse des poètes © Yvan Bourhis

La cour

Pavée et gravillonnée, elle se présente comme un espace d’introduction à la maison, comme à l'époque de Mallarmé.

Le majestueux marronnier jadis planté par le poète et sa fille Geneviève, âgé de 150 ans, offre toujours son ombre protectrice aux visiteurs les jours d’été ensoleillés et abrite table et chaises pour des pauses rafraîchissantes.

De beaux rosiers et une petite glycine de Chine habillent la façade de la maison. L’escalier en pierre que les Mallarmé empruntaient pour entrer dans la maison est recouvert de vigne vierge.

Le jardin de derrière

Derrière la maison, le « jardin de fleurs » et le verger, clos de murs, sont habités par de vieux arbres fruitiers et par des plantes citées dans les lettres que Mallarmé envoyait régulièrement à son épouse et sa fille : rosiers (grimpants et « à bâton »), roses trémières, phlox, pivoines, hélianthis (« soleils »), dahlias, iris...

Le plan adopté par Florence Dollfus se veut clair et régulier. Le jardin est ainsi structuré par des allées gravillonnées et des espaces carrés qui rappellent la forme des jardins de curé. Ils sont eux-mêmes délimités par des massifs d’apparence stricte à l’intérieur desquels narcisses, tulipes, pivoines, rosiers tiges, phlox, évoluent en toute liberté. Certains massifs abritent également des petits pommiers en cordon qui annoncent les grands arbres fruitiers du fond du jardin. En effet, plus l’on s’éloigne de la maison, plus le jardin devient sauvage : les fruitiers taillés en gobelet à droite de la grande allée cèdent la place à des arbres de plein vent d’une grande variété (pommiers, poiriers, cognassiers, cerisiers, mirabellier…). Le long du mur nord, hélianthis et roses trémières côtoient la vigne : le chasselas doré n’est pas sans rappeler celui, si réputé, du village de Thomery, tout proche.

Une exaltation des sens

Le jardin du musée invite les visiteurs à solliciter leurs sens. En plus des fruitiers qui régalent les gourmands, une cinquantaine de variétés de fleurs s’épanouissent et offrent leurs belles couleurs au regard à chaque saison, du printemps à l’automne. Enfin, l’odorat est stimulé par certaines roses, le chèvrefeuille et les herbes aromatiques du potager pédagogique (sauge, thym, menthe, persil, basilic…).

Zoom sur... les arbres fruitiers 

Pommier Reinette blanche du Canada © Yvan Bourhis

Le jardin du musée a été planté de nombreux fruitiers, majoritairement des pommiers. Leur présence rappelle l’importance de la culture des fruits dans la vallée de la Seine au 19ème siècle. À cette époque, la plupart des habitants de Vulaines-sur-Seine et des environs étaient vignerons ou petits cultivateurs, leur principale ressource étant la vente de fruits sur les étals des Halles parisiennes.

Aujourd’hui, le jardin est habité par des variétés qui existaient à l’époque de Mallarmé et qu’il a sans aucun doute connues, comme la Belle de Boskoop, la Calville Blanc, la Reine des reinettes, la Reinette blanche du Canada, la Reinette grise du Canada ou encore la Transparente Blanche.

En 2011, un pressoir à fruits a été installé dans le jardin. Depuis, il est utilisé tous les ans pour des ateliers de fabrication de jus de pomme (un délice !) ouverts à tous.

L'entretien du jardin

Aujourd’hui, un jardinier faisant partie intégrante de l'équipe du musée continue à entretenir le jardin dans le respect fidèle du projet de Florence Dollfus.

Le jardin est entièrement bio !