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Fermeture du musée
Le musée Stéphane Mallarmé est actuellement fermé au public. Réouverture du 2 mai au 14 juillet 2026. Réservation pour les groupes toute l'année sous réserve de disponibilité par mail ou par téléphone.
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Modèle de Manet, c'est dans l'atelier du peintre que Mallarmé rencontre celle qu'il surnomme « Paon » alias Méry Laurent au milieu des années 1870. Demi-mondaine, elle tient un salon littéraire où elle accueille notamment Zola et Proust qui s'inspireront d'elle pour les personnages de Nana et d'Odette de Crécy.
La « cocotte » et le poète deviennent bientôt amis intimes et Méry s’avère être une véritable muse pour Mallarmé qui lui dédiera plusieurs poèmes et remanie pour elle les Contes indiens en 1893. Pendant les quinze dernières années de sa vie, elle occupe une place déterminante dans la vie et l’œuvre du poète qui trouve en elle une confidente drôle et cultivée mais aussi une source d’inspiration poétique.
Malheur à qui n'est pas charmé par quatre vers de Mallarmé.
Quatrain du bouquet,
Lettre du 4 avril 1885.
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Cette rose ne l’interromps
Qu’à verser un silence pire
Jamais de chants ne lancent prompts
Le scintillement du sourire
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Muet muet entre les ronds
Sylphe dans la pourpre d’empire
Un baiser flambant se déchire
Jusqu’aux pointes des ailerons
Si tu veux nous nous aimerons.
De frigides roses pour vivre
Toutes la même interrompront
Avec un blanc calice prompt
Votre souffle devenu givre
Mais que mon battement délivre
La touffe par un choc profond
Cette frigidité se fond
En du rire de fleurir ivre
À jeter le ciel en détail
Voilà comme bon éventail
Tu conviens mieux qu'une fiole
Nul n'enfermant à l'émeri
Sans qu'il y perde ou le viole
L'arôme émané de Méry.
Elle a ce mignon travers de comprendre un peu mes vers.
Dernier quatrain à Méry Laurent,
Lettre du 15 août 1898.